• Conseil municipal du 4 mai 2016: le PLU

    Une seule délibération lors de ce conseil municipal, mais pas la moindre: l’arrêt du projet de PLU. La commune de Hyères est toujours soumise à son POS, le PLU de 2011 ayant été annulé. Il est donc urgent de se doter d’un PLU qui protègera davantage que le POS, d’autant plus qu’à partir de 2017 c’est une compétence qui reviendra à TPM. Mais ce qui proposé aujourd’hui par la municipalité est plutôt décevant, sans innovation répondant aux défis de demain, avec des points “durs” comme le projet golfique de Ste Eulalie.
    Voici mon intervention, faite sous la menace, encore une fois, de limiter le temps de parole de l’opposition en général et de la mienne en particulier…

    Monsieur le Maire,

    A la suite de l’intervention de mon collègue, je voudrais compléter ce qu’il vient de dire par plusieurs remarques et rentrer un peu plus dans le détail de certains projets.

    Tout d’abord je voudrais attirer votre attention sur le manque d’ambition du PLU en ce qui concerne la transition énergétique. Pourtant le règlement p. 24 fait référence à la  Règlementation Thermique 2012 avec une Cepmax (consommation énergétique primaire maximale) minorée de 10%. Sauf que dans les dispositions applicables aux différents zonages, ce qui correspond aux obligations imposées en matière énergétique et environnementale, soit tous les articles 15, il est invariablement précisé : « non règlementé ». Voilà qui au niveau de la forme risque de poser problème et laisse présager des recours.

    Ensuite les termes mêmes des dispositions générales n’imposent pas finalement d’obligation de résultats : il suffira à l’aménageur de dire « on a étudié la possibilité de production d’énergie renouvelable, mais ça n’a pas été réalisable parce que… » et il sera exonéré. (p24 du règlement = …sauf impossibilité technique démontrée ou imposée)

    Enfin la RT2012 est déjà obsolète même si aujourd’hui c’est elle qui s’impose : elle va bientôt laisser la place à la Règlementation Bâtiment Responsable 2020 (RBT2020) qui élargit les exigences environnementales.
    On voit donc que les projets immobiliers RT 2012 sont voués à une obsolescence accélérée prévisible, avec le risque que cela représente pour les investisseurs.

    Voilà pourquoi je dis que le PLU manque d’ambition vis-à-vis de la transition énergétique : il aurait fallu anticiper sur la RBT2020. Notre adhésion à la Charte du PN de Port Cros devrait pourtant nous inciter à promouvoir de façon active, volontaire et exemplaire le développement durable.

    Voilà pourquoi je regrette infiniment que le PLU ne comporte aucune annonce de projet d’éco-quartier ouvert à l’innovation ni qu’aucune place ne soit donnée à l’habitat participatif, (Le Massillon pourrait pourtant convenir et la demande existe). Cela aurait inscrit la ville dans une vraie modernité, ça l’aurait projetée dans l’avenir avec toutes les chances d’être un territoire exemplaire.

    Au lieu de ça on voit revenir le projet de golf à Ste Eulalie alors qu’il a été retoqué en 2007. Mais les mêmes causes produisent généralement les mêmes effets : depuis, la loi sur l’eau s’est durcie, le petit barrage au-dessus présente toujours le même risque, ce projet a donc peu de chance d’aboutir. Vous souhaitez bien l’habiller d’agri-tourisme avec une parcelle en zone A, peut-être pour y planter des fraises et vendre la confiture aux golfeurs, mais ça ne trompera personne. De plus vous avez doublé la zone constructible par rapport au PLU de 2011. Vos intentions sont claires. Mais qui voudrait reproduire à Hyères l’expérience d’un Valcros ? Certainement pas les hyérois. Cet espace est un poumon vert entre les communes d’Hyères et La Londe, il a une vocation agricole et nous souhaitons qu’il devienne une zone agricole protégée.

    Permettez-moi maintenant, si vous le voulez bien, de regarder d’un peu plus près les OAP qui sont sans doute la marque de votre politique d’urbanisation.

    D’abord en complément de l’intervention de  mon collègue une proposition concernant Les Rougières: je suggèrerai de prévoir un nouveau franchissement de l’avenue Ritondale pour les piétons et les vélos. Au regard du nombre de logements prévus (1000) cela se justifierait grandement et serait parfaitement intégrable financièrement par un opérateur.

    Ensuite, en tant qu’écologiste, je suis sensible au projet sur Le Palyvestre : Il est grand temps de se pencher sur cette zone abîmée, autant au niveau écologique qu’esthétique. Nous applaudissons à l’annonce de la restauration des zones humides, mais nous vous alertons sur le fait que ce projet ne permet plus la continuité écologique de la zone ZNIEFF avec Le Redon, en particulier avec un zonage devenu constructible entre ces deux zones humides, et avec la création d’une desserte automobile traversante Nord Sud qui parait inutile vu le nombre d’accès prévus. Ensuite ce périmètre de réflexion OAP nous parait trop limité en espace : on a oublié de l’étendre aux zones agricoles adjacentes en friche à l’Est, réceptacle d’un important réseau d’eaux pluviales incontrolées pouvant polluer la zone humide, et auxquelles on aurait dû ajouter la station d’épuration et la déchèterie pour raisonner de façon plus « circulaire ». Nous attirons donc votre attention sur le fait de ne pas hypothéquer l’avenir et réserver des terrains  autour de la station d’épuration et de la décharge afin de pouvoir intégrer les éco-technologies éprouvées, à la fois pour restaurer les zones humides, traiter les sols de la décharge ou encore envisager une épuration tertiaire des eaux de la ville qui aurait pour effet de diminuer voire de supprimer leur rejet  en mer. Concernant le Palyvestre nous prenons tout de même note que des prescriptions nouvelles contribueraient à légaliser des installations existantes souffrant d’illégalité.

    L’OAP des Salins m’interpelle particulièrement : Est-il vraiment opportun et prudent de réaliser des logements dans une zone de submersion moyenne ? Quant à la définir comme une zone de crue faible, comme l’indique la cartographie du TRI, tel un îlot dans la zone de crue forte, on peut s’interroger. Autre problème, esthétique celui-là, les bâtiments auront 4 étages. On est dans la continuité du bétonnage du front de mer aux Salins dans cette zone UD. Dernière remarque : quels transports en commun sont prévus pour accompagner cet accroissement de la population aux Salins?

    En règle générale, on s’inquiète du développement de l’urbanisation sans que soit toujours prévu ni de développer les transports en commun, ni d’adapter la voirie. C’est le cas en particulier à Costebelle et la Font des Horts.

    Une remarque maintenant sur l’OAP de La Bayorre : on avait l’aberration architecturale du Floréal, cet immeuble ayant fait irruption dans un paysage bucolique et semblant vouloir « manger la route ». On poursuit donc avec du collectif dense qui, s’il est un peu moins haut, se fait toujours en alignement sur rues, avec  les balcons (des futurs logements sociaux ?) au raz de deux routes très passantes, dangereuses et bruyantes!  Cette zone OAP mériterait un projet cœur de quartier plus intégré, entre rural et urbain, avec un parti d’aménagement bioclimatique et paysager qui contribuerait à diminuer  sensiblement l’impact visuel du Floreal, plutôt que cette volonté de parti d’alignement urbain qui l’amplifie.

    La ceinture verte à préserver à l’ouest de la ville sera-t-elle  un vœu pieux ? Car les OAP  du Béal et de l’Aufrène semblent présager les coups d’après. Ce sont ici de belles terres agricoles qui sont utilisées,  et qui ne peuvent, elles, être compensées en gagnant sur des zones naturelles à flanc de collines aux Borrels !  Ce sont des terres fertiles qui pourraient voir se développer du maraichage pour nourrir nos concitoyens. Combien d’années reste-t-il avant que l’urbanisation ne se fasse ainsi  jusqu’à St Gervais,  s’il n’y a pas une volonté politique forte de préserver le foncier agricole et d’aider à s’installer de jeunes agriculteurs, notamment sur ces terres en friches?

    Il est vrai que rien n’apparait dans ce PLU pour développer des jardins partagés, des zones de maraichage urbain. C’est pourtant une source de cohésion sociale en même temps qu’une nécessité pour une alimentation saine.

    Je terminerai par une incongruité : une partie du terrain de camping au Ceinturon devient constructible, alors qu’il se situe dans une zone de submersion marine forte. Est-ce l’aboutissement de l’étude pour la recomposition spatiale des territoires menacés par les risques littoraux ? Avec un droit à construire de 20% d’emprise au sol? Avec une hauteur de 9m ?

    Voilà Mr le Maire , j’ai été un peu longue, vous m’en excuserez, mais c’est l’avenir de la commune qui se joue et il est important que tout soit dit.

    Après le Grenelle de l’environnement, la COP21, notre adhésion à la Charte, j’aurais espéré qu’un virage net soit pris par rapport aux politiques des précédentes équipes municipales dans la façon de bâtir la ville de demain. Au lieu de quoi nous sommes dans une désespérante continuité, avec des pratiques urbanistiques très classiques : on ouvre des zones à construire que l’on confie à des aménageurs qui en tireront des bénéfices, sans que le développement durable soit l’objectif premier.

    Le Maire n’a répondu à aucune des interventions, estimant que toutes les réponses avaient déjà été données lors des différentes présentations (la sienne, celle de Mr Carrassan et celle du cabinet CITADIA.

    Ici l’intervention de William Seemuller

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