• Conseil municipal du 19 fév 2016

    Où il est question de la promenade de front de mer, du programme “Le Massillon”, du “Musée des Cultures et du Paysage” et d’une question sur les vélos en ville…

    Un grand projet: la promenade de front de mer

    C’était une promesse de sa campagne lors des municipales: le maire souhaite faire une promenade en bord de mer, du Port St Pierre à la plage du Mérou, au-delà de l’Ayguade.

    “Du port de Hyères à la plage du Mérou, c’est 3 Kms de côte qui sont concernés et cela correspond exactement au périmètre d’étude concernant la « recomposition spatiale des biens et d’activités menacées par les risques littoraux sur la plaine côtière du Ceinturon ».

    On peut donc s’étonner du projet que vous souhaitez lancer quand cette étude est toujours en cours, sans aboutissement à ce jour. Seule la phase 1 a été réalisée, présentée publiquement en novembre 2014, elle concernait l’identification et la hiérarchisation des enjeux. Nous attendons les résultats de la phase 2 concernant l’élaboration des orientations de recomposition spatiale des enjeux du périmètre.

    Or vous nous présentez aujourd’hui un projet, qui certes est celui que vous avez développé lors de votre campagne électorale, mais qui parait prématuré au regard des études en cours et de la volonté affichée d’une logique durable d’anticipation des risques.

    Dans le passé, très proche en fait et parfois hélas encore présent, l’aménagement était orienté par une volonté de maitriser la nature à l’aide d’ouvrages, avec les échecs que l’on sait. Aujourd’hui on cherche à gérer les causes de l’érosion et non plus les effets. Il est aujourd’hui avéré que la RD42 est menacée par l’érosion, que les intrusions d’eaux de mer dégradent régulièrement les réseaux d’assainissement. La gestion de l’eau fait également partie de la problématique de la zone : la partie basse de la plaine du Ceinturon constituant l’exutoire naturel d’une partie des eaux de ruissellement de Centre-Ville et notre nappe phréatique étant sous influence du biseau salé. A tout cela se rajoute le risque de submersion : une étude du BRGM était annoncée comme étant en cours fin 2014, à priori elle est terminée, mais aucun résultat n’a été communiqué, à ma connaissance.

    On peut donc s’étonner que vous vouliez brûler les étapes, sauf à vouloir à tout prix réaliser avant la fin de votre mandat un ouvrage à destination touristique qui ne nous semble pas aujourd’hui la priorité au vu du budget nécessaire* quand on nous dit que la période est économiquement difficile, que le budget de la ville est sous contrainte et qu’on augmente sans cesse les impôts.

    Entendons-nous bien : nous ne sommes pas contre la requalification du boulevard de la Marine et l’amélioration de l’accueil touristique dans cette zone. Nous disons seulement qu’il est aujourd’hui trop tôt pour dire si votre projet va dans le sens d’une logique durable.

    Et surtout, nous disons que la plaine du Ceinturon n’est pas la priorité de l’OGS : c’est sur la presqu’île de Giens qu’il faut agir en premier lieu car c’est là que les difficultés de circulation sont rédhibitoires pour un accueil touristique de qualité. La route de Giens est calamiteuse quand le bd de la Marine a des équipements acceptables.

    Monsieur le Maire, avec ce projet nous pensons que vous vous trompez de priorité.”

    * 10M€ au total (6M€ pour la tranche StPierre-l’Ayguade dont 3 sur le budget de la ville)

    Le programme immobilier “Le Massillon”

    C’est un ensemble de 96 logements situé rue du soldat Ferrari, racheté par l’Etablissement Public Foncier PACA. En partenariat avec TPM la ville veut réaliser le programme d’habitat suivant:
    – avec les 3 bâtiments existants, création de 24 logements en accession et 101 logements locatifs sociaux
    – avec les 4180m2 de SDP supplémentaires, création de 72 logements en accession libre

    “Ce programme d’habitat mixte en centre-ville est plutôt une bonne nouvelle. La résidence le Massillon est en effet composée d’immeubles datant des années 60, elle a mal vieilli et aujourd’hui de très nombreux logements sont vacants. Leur requalification est donc une nécessité. Mais nous avons quelques inquiétudes sur l’ampleur que vous voulez donner au projet. Passer de 96 logements à 200 c’est doubler la population, doubler les places de parking, doubler les déplacements. Que restera-t-il des espaces verts ? Pas grand-chose avec la création de 72 logements. D’autre part le seul accès semble l’actuel, rue du Soldat Ferrari, très fréquentée par les voitures et les piétons du fait de la présence de Maintenon. Ne va-t-on pas créer des engorgements, voire un risque pour la sécurité des élèves ? Ce ne sont pas 6 ou 7 places d’arrêts minutes qui vont solutionner le problème.

    Ce projet tel que présenté ne nous satisfaisant pas, nous vous faisons deux suggestions :

    1° Toutes ces interrogations et réserves font que nous estimons le contrat d’objectif présenté aujourd’hui au CM, trop important. C’est tout l’équilibre du quartier qui est menacé. Nous vous demandons donc de revoir à la baisse ce contrat d’objectifs, 150 logements nous paraissant raisonnables en construisant seulement un petit immeuble de 25 logements dans la zone sud-ouest.

    2° suggestion, soyons fous, vous pourriez envisager cet immeuble dans le cadre de l’habitat participatif : ce sont des citoyens qui conçoivent, créent, gèrent leur habitat collectivement. C’est un mode de production de l’habitat correspondant à un projet de vie, qui rompt avec la logique actuelle de l’aménageur qui livre clé en main des logements à de futurs habitants qui ne sont pas intervenus à aucun moment dans les choix ayant présidés à l’élaboration de leur cadre de vie. La loi Allur a d’ailleurs donné un cadre juridique pour l’habitat participatif qui est très développé en Allemagne, en Suisse ou en Norvège. Par exemple la ville de Tübingen en Allemagne construit 80% de ses nouveaux logements en habitat participatif.
    L’échec de l’urbanisation aujourd’hui est dû au manque d’imagination, d’innovation, d’audace, dont font preuve les politiques conservatrices. Si vous voulez qu’Hyères rentre dans la modernité il va falloir changer de paradigme.

    J’encourage d’ailleurs mes collègues à aller voir le film « Demain » qui montre comment les citoyens, dès aujourd’hui, répondent de façon imaginative et innovante aux défis de la planète.”

    Le Projet du “Musée des Cultures et du Paysage”

    Lire l’intervention de W. Seemuller

    Question orale posée au maire sur les déplacements doux en centre-ville

    A quand un plan de déplacements doux en centre-ville?


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